dimanche 13 mai 2018

Chaque être humain est un facteur de pollution

Mon diagnostic
Quand je regarde le mode de vie occidental, je constate qu'à chaque âge (de la naissance à la mort) on pollue, de différentes manières certes, mais on pollue toujours. 😐 Quelques exemples :
  • le bébé : on utilise plein de couches culottes qui sont jetées à la poubelles et qui génèrent une forte pollution (peu de gens utilisent les couches culottes lavables, mais de toutes manières vu la quantité d'eau utilisée pour les laver + les détergents + l'électricité + l'usure de la machine à laver, pas certain qu'au final le bilan écologique soit si positif).
  • l'enfant : on commence à consommer des tas de trucs polluants, notamment plein de jouets en plastique qui finiront un jour à la poubelle.
  • le jeune adulte a un besoin d'amour et de séduction lui fait consommer plein de trucs inutiles et polluants, par exemple : le matin la plupart des femmes se maquillent et le soir elles se démaquillent et utilisent des tas de crèmes diverses, les hommes et les femmes achètent des tas de vêtements neufs et accessoires de mode juste pour être plus attirants et "conformes" aux attentes de la société moderne (le poids du regard de l'autre...) ; en faisant ses courses dans les supermarchés on achète souvent des produits sur-emballés ; le jeune adulte a aussi une consommation importante de transports (avion = le carburant kérosène + tous les couverts et emballages en plastique utilisés pour les plateaux repas et qui finiront à la poubelle ; TGV = électricité des centrales nucléaires = déchets nucléaires), d'énergie chez soi (électricité toujours, fioul, gaz ; construction de nouveaux logements = besoin d'espace = diminution des terres agricoles et des forêts...), les objets technologiques qui un jour finiront dans une décharge à ciel ouvert en Afrique (smartphones, ordinateurs, télés...).
  • l'adulte vieillissant : il a toujours un besoin d'amour et de séduction qui lui fait consommer plein de trucs inutiles et polluants, et avec l'âge les problèmes de santé arrivent, avec les séjours à l'hôpital (déchets de tout un tas d'objets stériles utilisables une seule fois, tous les couverts et emballages en plastique utilisés pour les plateaux repas et qui finiront à la poubelle, etc.).
  • l'adulte mort : une fois enterré il ne génèrera que la pollution nécessitée par la fabrication de son cercueil ; incinéré il générera encore un peu de Co2 avant de tirer sa révérence...
  • du point de vue de la pollution générée, il n'y a pas une si grosse différence entre les familles nombreuses et les personnes seules ou les couples sans enfants : certes les familles nombreuses voyagent souvent moins et consomment moins (donc polluent moins), faute de moyens, surtout si l'un des deux parents reste au foyer, le revenu n'étant souvent pas énorme et une fois que toutes les bouches sont nourries, il ne reste pas de quoi faire de grosses folies, alors qu'une personne seule ou un couple sans enfants disposera de plus de budget pour consommer et polluer à sa guise (mais comme ces personnes n'ont pas d'enfants et qu'un enfant est sources de multiples pollutions, alors au final ça s'équilibre plus ou moins)...
Pour résumer, chaque être humain est donc un facteur de pollution. 😐 Bien entendu, l'être humain n'est pas que ça, mais si on se place du point de vue de la démographie, on peut affirmer que chaque être humain supplémentaire sur notre planète est un facteur de pollution supplémentaire sur notre planète (dans les conditions de vie moderne : je ne parle pas ici des tribus d'indigènes en Amazonie, qui polluent très peu grâce à leur mode de vie de "chasseurs-cueilleurs", car ils ne représentent qu'une toute petite minorité de la population mondiale et que leur mode de vie n'est pas généralisable).


Comment en est-on arrivé là ?
Le monde actuel a pour modèle économique le capitalisme libéral qui, tel un vampire, a besoin d'une croissance continue. Il faut donc vendre, mais pour vendre il faut produire, et pour produire il faut exploiter (et souvent piller) la Terre, sans lui laisser le temps de renouveler ses ressources. La force du système capitaliste que de savoir flatter notre ego pour pouvoir vendre davantage : "vous êtes quelqu'un de tellement bien, vous méritez le meilleur, donc il vous faudrait ceci ou cela pour être parfaitement heureux. Tiens, le dernier smartphone à 1000 euros il serait parfait pour vous ! Et ce véhicule 4x4, quelle allure vous aurez dedans !"... Dans ce contexte-là, chacun vit à la petite semaine et fait semblant de s'émouvoir quand il se trouve devant les faits ("Ah la mer Méditerranée est devenue une poubelle, mais quelle horreur mon Dieu !") et puis on oublie tout ça dans l'heure qui suit, submergés par un flot de nouvelles informations (via la télé, la radio et les réseaux sociaux). Donc on sait mais on oublie. C'est une sorte de déni collectif teinté de mauvaise foi individuelle. La plupart des gens ont une conscience écologique à géométrie variable en fonction de ce qui les arrange : "le pollueur c'est l'autre, moi vous comprenez c'est différent...". Ben tiens !... Chacun a toujours une bonne excuse pour polluer, et on trouve toujours un plus gros pollueur que soi sur qui rejeter la faute (exemple : "les américains polluent 2 fois plus que les français"). Bien pratique...
Et puis, d'une manière générale, quand on réfléchit, ce qui est bon pour 1 individu pris isolément est souvent mauvais pour la collectivité si tout le monde se mettait à faire pareil. Exemple n°1 : faire 5 enfants c'est génial, ça fait une belle famille avec plein d'enfants pour jouer les uns avec les autres et fêter Noël tous ensemble avec plein de cadeaux sous le sapin, youpiii ! mais pour la collectivité pas forcément (statistiquement 2 enfants sur les 5 seront au chômage, ils pollueront, il faudra couper des forêts pour créer des terrains pour leur construire des maisons, etc.). Exemple n°2 : pouvoir devenir de plus en plus vieux c'est génial pour soi et sa famille, on profite davantage de la vie, on fait des chouettes voyages, youpiii ! mais pour la collectivité qui doit payer toujours plus d'impôts pour financer les retraites et les hôpitaux c'est la cata... Mais chuuut, tout ça faut pas le dire sinon on t'explique que tu as un coeur de pierre et que c'est très mal, "faut être positif !!!"...
La surconsommation de certains peuples est bien entendu problématique (au premier rang des accusés : les États-Unis, mais l'Europe et la Chine ne sont pas loin derrière), mais le dénominateur commun à la plupart des maux de la planète c’est l’humain, et surtout le surnombre d’humains. Il n'y a donc rien de moins écologique que de faire beaucoup d'enfants, c’est de la pure hypocrisie que de défendre le contraire. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas en faire du tout, mais ça signifie qu'il faut en faire avec modération. Certes j'entends (et je peux comprendre) les arguments des « pro vie » pour qui « faire des enfants c’est la vie », « c’est normal », « on fait ce qu’on veut », « on ne peut pas interdire à quelqu’un d’avoir un enfant » car oui à titre individuel ils ont raison, mais à titre collectif ils ne comprennent pas que la surpopulation nous envoie droit dans le mur.
L’intérêt collectif importe a tellement peu de monde que peu importe les arguments, les gens trouveront toujours une excuse pour faire comme ils veulent alors qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour comprendre qu’en continuant comme ça on cours droit à notre extinction. Il y aura toujours plus de souffrances car toujours moins de ressources et toujours plus d'êtres humains sur la Terre. Pour que tous les humains aient une vie décente il faudrait au moins 2 ou 3 terres. Seulement on en a qu’une. 😐
La majorité des gens sont malheureusement incapables d’ouvrir les yeux et de regarder la réalité en face, et préfèrent tourner ça en dérision alors que c’est le plus gros problème de notre espèce.


Alors, quelles solutions ?...
Je ne prétends pas avoir de solutions toutes faites. Mais il existe une série de choses qui vont dans la bonne direction : être conscient de la situation, faire de son mieux pour profiter de la vie sans trop polluer la planète, pratiquer le recyclage, la permaculture, manger des produits bio, aider ses semblables, ne pas voter pour des politiques qui veulent toujours plus de croissance, soutenir des ONG comme Greenpeace et aussi les lanceurs d'alerte... et pouvoir se regarder dans une glace le soir sans ressentir de honte. Et puis arrêter de procréer à tout va : il faut devenir plus responsables du point de vue démographique (ce qui signifie limiter le nombre de naissances sur tous les continents) sinon le problème ne va pas s'arranger...
Quant à ceux qui croient que « la science va nous sauver » : il s'agit encore d'un mythe malheureusement, car le progrès technique ne peut pas tout, n'en déplaise aux scientifiques... Le plus souvent, en voulant supprimer une pollution le progrès technique va en créer une nouvelle qui n'existait pas avant (par ex. les centrales nucléaires qui remplacent les centrales à charbon).
Mais si vous voulez le fond de ma pensée : on est foutus (voir ici mon article à ce sujet), l'espèce humaine disparaîtra d'ici 1 ou 2 siècles (c'est pas moi qui le dis, ce sont des scientifiques) sous l'effet conjugué de l'épuisement des ressources mais surtout de la forte diminution de la biodiversité (lire ici un article à ce sujet). On est comme le Titanic qui va lentement mais sûrement droit sur son iceberg fatal, il est déjà trop tard pour le faire dévier de sa course (car pour cela, pour permettre à la Terre de souffler et de se régénérer, il faudrait à la fois une décroissance économique et une décroissance démographique, or on voit bien que nous n'en prenons pas le chemin). Mais c'est pas pour autant qu'il faut s'interdire d'être heureux. heureux mais conscient que ça va mal. Pessimiste-heureux en quelque sorte (lire ici mon petit test à ce sujet)... 😉

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