jeudi 20 octobre 2016

Planète Terre : alors, tout est foutu ?...

S'il n'y avait qu'un seul article essentiel à lire dans ce blog ce serait certainement celui-ci.
Où va le monde ? Où va la planète ? Où va l'humanité ? Y a-t-il encore de l'espoir ?...

Eh bien, comment dire... En fait j'ai tourné le problème dans tous les sens, j'ai essayé d'avoir une analyse globale de la situation (c'est à dire en intégrant les paramètres essentiels, un peu comme dans une équation de maths) et le résultat n'est pas joli joli... 😟 Pour prendre une image, le film "Le Titanic" ça vous dit quelque chose ?... vous savez, ce gros paquebot qui est tellement lourd qu'il est quasi impossible de modifier sa trajectoire pour lui faire éviter le fatal iceberg...

D'abord, pour être sérieux et crédible dans ce type de diagnostic il faut prendre en compte les grands paramètres qui font avancer (ou reculer, c'est selon...) le monde : la démographie, l'économie, l'écologie. Et il faut aussi admettre que ces paramètres interagissent les uns sur les autres, qu'ils ont chacun un impact sur les autres (hyper important, voir plus bas). 😐
  • la démographie : ceux qui affirment qu'avec 7,55 milliards de personnes en  2017 la planète n'est pas en état de surpopulation ne sont pas des gens très sérieux, il n'y a qu'à regarder cette petite animation vidéo très pédagogique pour s'en convaincre. Je suis en profond désaccord avec Pierre Rabhi, paysan et philosophe que j'apprécie pourtant beaucoup, lorsqu'il affirme que « L'argument démographique pour sauver la planète est une imposture » : c'est un raisonnement angélique, digne du monde des bisounours... Je suis en désaccord partiel avec lui quand il dit que si l'on utilisait mieux les ressources, on pourrait nourrir sans problème 9 milliards d'êtres humains en 2050 et mettre fin à la faim dans le monde : oui, peut-être qu'on pourrait nourrir tous ces gens, mais ça ne règlerait pas les problèmes engendrés par la surpopulation (pauvreté, pollutions multiples, destruction des forêts pour créer des terres cultivables ou construire de nouveaux logements...). Jusqu’à présent je n’ai pas eu d’enfants, mais d’une certaine façon je m’en félicite. Il y a bien d’autres voies pour s’accomplir et pour être heureux. Je suis de ceux qui pensent qu’à l’heure actuelle, il conviendrait de faire une grosse pause au niveau « reproduction de l’espèce »... Cela serait, me semble-t-il, faire preuve d’un certain bon sens de s’interroger sur notre nombre et de s’engager vers une décroissance de nos effectifs. Pas une décroissance brutale (qui impliquerait des drames) mais une décroissance sur quelques générations qui permettrait à terme à l’humanité d’être plus en harmonie avec sa planète. Une décroissance dont bien sûr le seul outil serait la baisse de la fécondité (je me permets de le préciser, car dès qu’on dit souhaiter une baisse démographique, on vous soupçonne de vouloir tuer les gens). N’oublions pas que si nous voulons que beaucoup d’êtres humains profitent de la vie sur Terre, il faut d’abord (c’est une condition sine qua non) que l’humanité dure. La décroissance démographique est une nécessité collective mais qui est compliquée à mettre en place sur un plan individuel, car on touche à  l'essence de l'être  humain (un de ses instincts de base) qui est de se reproduire pour survivre. La croissance démographique participe de cette fuite en avant : plus d'habitants, plus de consommation, plus de profits, mais aussi... plus de pollution et d'épuisement des ressources... Celui qui trouvera la solution à ce cercle infernal méritera un prix Nobel... Ces idées sont défendues par assez peu de mouvements (car on touche au tabou de la natalité), en France à ma connaissance seule l’association Démographie Responsable ose les mettre sur la place publique.
  • l'économie : je suis de plus en plus convaincu que la mondialisation de l'économie profite surtout aux actionnaires des multinationales (Coca-Cola, Mac Donald's, Microsoft, Amazon, Monsanto...) et détruit énormément d'emplois chez les petites et moyennes entreprises qui ne peuvent pas lutter à armes égales contre ces mastodontes, donc c'est un mensonge de dire que le libre échange est une bonne chose pour l'humanité ; la mondialisation profite surtout aux grandes métropoles (Paris, New-York, Tokyo, Singapour...) et ne laisse que des miettes aux petites villes et aux villages (voire contribue à les vider de leur population active qui part dans les grandes villes où sont implantées les multinationales) ; par ailleurs, l'accroissement infini des dettes publiques va forcément aboutir à d'autres crises majeures en Europe, dont la crise grecque n'est qu'un avant-goût, car les gens sérieux savent bien qu'un jour ou l'autre il faudra rembourser, qu'on ne pourra pas indéfiniment "refiler la patate chaude" de la dette publique aux générations futures en se disant "ils trouveront bien une solution", car les banquiers font rarement dans le bénévolat et le jour où ils vont présenter l'addition ça va faire très très mal (y compris à la France, qui a trop souvent tendance à se croire meilleure que les autres nations dans plein de domaines) ; pour ceux qui s'y connaissent un peu en économie, on parle de risque de crise systémique (fragilisation, par le jeu d'un effet domino, de toutes les banques du fait du défaut de paiement d'un établissement fortement débiteur) : pour creuser un peu le sujet, lire des bons articles par exemple ici, ici et ici ; et puis on peut s'interroger : le bonheur réside-t-il dans un taux de croissance positif ? je pense qu'une décroissance permettrait à la planète de souffler un peu, et tant pis si cela crée davantage de chômage, car on ne peut plus continuer dans cette fuite en avant qui épuise les ressources naturelles et nous propulse droit dans le mur... Malheureusement, comme fort taux de croissance = davantage d'emplois et de richesses, les hommes politiques ont bien compris que, s'ils veulent être réélus, mieux vaut une bonne croissance bien polluante qu'une décroissance qui permettrait à la nature de se régénérer... 😔
  • l'écologie : ce n'est un secret pour personne (sauf peut-être pour ceux qui ferment les yeux et se bouchent les oreilles en même temps, et il y en a plus qu'on ne le croit...), les ressources naturelles sont en voie d'épuisement (surpêche, disparition des forêts notamment amazonienne et indonésienne, asséchement des sols dû au réchauffement climatique...)
Et quand on mixe ces 3 grands paramètres ça fait encore plus mal, en effet ces paramètres interagissent entre eux, je veux dire par là qu'on ne peut pas les traiter de manière isolée comme le font trop souvent certains experts mono disciplinaires (l'ingénieur agronome, le démographe, l'économiste, qui réfléchissent trop souvent chacun dans leur coin) :
  • la démographie et l'économie : il n'existe aucune règle économique qui prévoit que le nombre d'emplois doit naturellement s'ajuster à la croissance démographique, bref c'est bien beau de faire des bébés pour payer nos retraites, mais on sait très bien que les bébés en question n'auront pas tous du boulot... Le gâteau des ressources à se partager n'est pas infini et donc les emplois à se partager non plus.
  • la démographie et l'écologie : oui, en théorie la planète peut nourrir 10 milliards de personnes, mais à quel prix ? s'il faut pour cela exercer une pression encore plus forte sur les ressources naturelles, cela ne fera que résoudre momentanément un problème (la faim dans le monde) en amplifiant un autre problème (l'épuisement des ressources naturelles). Et peut-on me dire comment la planète peut faire pour absorber régulièrement des centaines de millions d'habitants supplémentaires sans que la pollution augmente ? C'est juste impossible, car chaque être humain supplémentaire représente un facteur de pollution supplémentaire (d'accord, c'est pas super poétique comme vision de l'être humain, mais c'est pour les besoins de la démonstration... bien entendu un être humain c'est aussi plein d'autres choses que de la pollution (c'est de l'amour, de la joie, du bonheur...)...😉). Outre mon propre article qui développe ce thème, je recommande la lecture de ces excellents articles qui résument bien la situation : Surpopulation et environnement, le débat interdit et Le vrai enjeu écologique, c'est la croissance démographique.
  • l'économie et l'écologie : l'activité industrielle est-elle compatible avec le respect de l'environnement ? Non c'est évident, car les entreprises sont là pour faire du profit, et elles se fichent pour la plupart des éventuels dégâts à l'environnement, l'appât du gain est bien trop fort pour se préoccuper d'autre chose (cela est encore plus vrai dans les pays moins développés que le nôtre, dont les populations considèrent souvent que "l'écologie c'est un problème de riches" et que "d'abord il faut manger, ensuite on verra"... mais comment leur faire ce reproche ? si nous étions à leur place, ne penserions-nous pas la même chose ?...). Qu’on le veuille ou non, il n’y a pas assez de travail pour tout le monde et si nous vivions réellement en harmonie avec les capacités réelles de la nature il y en aurait encore beaucoup moins. A partir de là, la seule solution c’est de vivre avec beaucoup moins et donc de travailler beaucoup moins et de répartir ce travail entre tous... Vivre dans une société basée sur le partage et la générosité plutôt que sur l’égoïsme exacerbé. Ce serait plus intelligent que de tenter de relancer une fois de plus l’économie au détriment de la nature. Une nature qui, on le sait, à ce rythme, causera l’extinction de l’espèce humaine, d’ici quelques centaines d’années.
    Tout le monde est d’accord concernant
    la situation écologique de notre planète aujourd’hui : on va droit dans le mur ! Mais que fait-on pour éviter la catastrophe ? L’homme a cette capacité à vivre dans le déni, et cette incapacité à être sensible aux conséquences de ses actes… Bref il est myope ! Pour le dire autrement, l’homme n’est pas capable de changer tant qu’il ne s’est pas pris de mur, tant qu’il n’a pas atteint un point si irréversible qu’il en souffre physiquement !
    Je pense que l’homme peu à peu s’autodétruira, incapable qu'il est de sortir du cercle infernal "course au profit - surpopulation - dégradation de l'environnement". L'homme est une espèce invasive, l'homme agit comme un prédateur sur la nature, et un jour la nature le lui fera payer en le faisant disparaître. Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les plus grands scientifiques qui arrivent toujours plus nombreux à ce type de conclusion.
Et puis il y a les fausses solutions :
  • le progrès technique et la science nous sauveront-t-ils ? j'en doute fort, car par exemple dans le domaine de l'environnement, à l'occasion d'une innovation technologique souvent une pollution en chasse une autre (certes le nucléaire n'émet pas de Co2, mais constitue une très forte menace par ailleurs, cf. Tchernobyl et Fukushima ; certes les incinérateurs d'ordures ménagères réduisent les déchets mais émettent des dioxines et des particules fines qui sont cancérigènes, etc.) ; les progrès de la médecine nous permettent certes de vivre mieux et plus vieux mais cela accroît la surpopulation, et l'augmentation de l'espérance de vie des retraités creuse les déficits des caisses de retraite, alors qu'il y a en même temps de moins en moins d'actifs pour cotiser...
  • le développement de l'économie solidaire nous sauvera-t-il ? j'en doute fort, car c'est beaucoup trop marginal par rapport au reste de l'activité économique, c'est une goutte d'eau de sagesse au milieu d'un océan d'avidité, de course au profit. Idem pour l'agriculture raisonnée, l'agriculture biologique, le développement du "consommer local" : ce sont certes des initiatives intéressantes qu'il faut soutenir, mais qui ne pourront jamais rivaliser avec le poids des intérêts financiers et en particulier de l'industrie agro-alimentaire.
Ces fausses solutions ne sont pas inintéressantes, elles sont souvent pleines de bon sens, simplement elles ne peuvent que ralentir le processus de destruction de la planète (ralentir la course du Titanic vers son iceberg). Cela ne m'empêche pas de soutenir des ONG qui luttent pour la préservation de l'environnement, tout en sachant que leur action n'est qu'une goutte d'eau de bon sens et de clairvoyance dans un océan d'avidité et de recherche du profit à court terme.

J'ai toujours été frappé par le nombre d'individus qui sont dans le déni (ou l'aveuglement) par rapport à ces problèmes, et par le nombre d'individus qui s'accrochent à ces fausses solutions un peu comme on s'accroche à une bouée de sauvetage lorsque le navire coule... Je ne suis pas loin de penser qu'il s'agit là souvent de processus inconscients qui viseraient à préserver l'individu soit de tomber en dépression soit d'être tenté de mettre fin à ses jours, comme s'il était dangereux psychologiquement et/ou inacceptable moralement de ne pas s'accrocher à une espérance, aussi utopique soit-elle... J'observe souvent autour de moi que le fait d'avoir des enfants contribue à être dans ce déni/aveuglement, probablement parce qu'il est trop difficile de se dire en tant que parent que le monde à venir sera encore pire pour nos enfants...

Une petite parenthèse : je suis très agacé par l'utilisation qui est faite de l'expression "crise économique" (par les journalistes et par les hommes politiques) : en effet si on considère qu'une crise est un moment douloureux passager qui précède une amélioration, alors nous ne sommes pas en crise économique ! Une crise ça dure quelques mois, éventuellement 2-3 ans, mais lorsque ça s'installe dans la durée, cela s'appelle... la normalité !... Ce sont plutôt les Trente Glorieuses d'après-guerre qui constituaient une anormalité : en effet, après les destructions il fallait tout reconstruire, on avait besoin de bras, et comme plein d'hommes étaient morts au combat cela faisait beaucoup de travailleurs et peu de chômeurs (pour faire simple). Mais pour un homme politique c'est plus "vendeur" de parler de "crise" car cela lui permet de jurer devant ses électeurs, la main sur le coeur (sortez les mouchoirs...) "si vous votez pour moi, il y aura le changement et la crise sera terminée !...". D'ailleurs si vous regardez bien, le coup du "changement", ça marche à chaque élection...😉

En conclusion... Oui la situation est (très) grave, et je suis persuadé que ça ne va pas s'arranger... 😔
C'est triste à dire, mais il est probable que seule une bonne grosse guerre ou une épidémie meurtrière permettra de faire retomber cette pression démographique de plus en plus intenable pour la planète.
J’avoue être parfois impressionné (et étonné) par la foi - aveugle et utopique - de certains dans la capacité de pouvoir changer le monde dans lequel on vit... Moi j’apprends à vivre simplement, plutôt dans une forme de résignation joyeuse et désespérée face à ce qu’il advient… Je ne suis pas porté par ce positivisme, même si profondément, j’aimerais y croire !...
Bon, d'accord le paysage est très noir. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut se suicider (il y a plein de belles choses à vivre dans cette vie : l'amour, les voyages, les pratiques artistiques...), mais vivre sans illusions oui... Donc soyons des "pessimistes (ou réalistes diront certains) heureux", cf. mon petit test de personnalité. Vivons en étant conscients des nombreuses imperfections de ce monde, mais vivons pleinement cette vie quand même... 😃

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